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Fin du timbre rouge, faut-il s’inquiéter ?

par Paul Metraux
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faut-il s'inquiéter de la fin du timbre rouge ?

Depuis le 1 er janvier 2023, le bon vieux timbre rouge français qui permettait une distribution du courrier le lendemain de l’envoi, disparait de la circulation. Il est remplacé par un processus dématérialisé qui fait couler beaucoup d’encre. Faut-il s’inquiéter de la fin du timbre rouge ? Pas si sûr et en tout cas pas forcément pour les raisons le plus souvent avancées.

Fin du timbre rouge, qu’est-ce qui change ?

A partir du 1er janvier 2023, si on tient absolument à ce que le courrier soit distribué le lendemain de l’envoi (ce que La Poste n’arrive plus vraiment à faire depuis déjà longtemps…), il y a plusieurs solutions :

  • soit on rédige le courrier sur l’interface du site la Poste qui se chargera de l’impression et de la distribution. On peut le faire directement sur son smartphone.
  • soit on se rend dans un bureau de poste (il y en a de moins en moins) avec la lettre qui sera scannée par un automate puis distribuée.
  • soit, pour les plus éloignés du numérique, on prend rendez-vous avec le facteur qui se chargera de scanner la lettre.

Ladite lettre sera ensuite imprimée dans la journée sur une plateforme automatisée pour être distribuée le lendemain. Une sorte de mail imprimé, mais avec le caractère « officiel » qu’on accorde encore au courrier.

Pour envoyer du courrier non urgent de manière traditionnelle, il reste toujours les timbres verts ou d’autre couleurs imaginées par La Poste. Ils couvrent la majorité des besoins puisque le courrier dit « urgent » diminue d’année en année. La lettre recommandée, pour des raisons juridiques évidentes, reste maintenue.

En bref, une réforme attendue qui acte à la fois une évolution sociale, celle de la diminution du papier, et économique, celle du modèle de la Poste dans un monde de concurrence et de fin des monopoles. Dès lors, faut-il s’inquiéter de la fin du timbre rouge ?

La dématérialisation du timbre rouge, pourquoi tant de bruit ?

Avec l’annonce de ce changement, un choeur d’indignations s’est élevé :

  • Ce serait une nouvelle atteinte au service public : c’est surement une évolution importante mais qui correspond au souhait de la Poste de s’adapter à un monde économique qui change. On peut contester le système de l’économie de marché, mais c’est la réalité du moment. Aujourd’hui, écrire du courrier est devenu rare. On peut le regretter mais c’est une réalité mesurée statistiquement et l’énorme logistique d’acheminement du courrier se trouve donc interrogée. La Poste essaie d’offrir des services adaptés à ses utilisateurs dans des conditions économiques viables. Difficile de lui reprocher.
  • Ce serait une atteinte à l’anonymat puisque les employés de la Poste peuvent lire le courrier. A l’heure où chacun partage une multitude de données sur toutes sortes de réseaux (étrangers de surcroît), c’est assez cocasse. Si on veut envoyer une lettre d’amour, il y a toujours le timbre vert ; on n’est pas obligé de prendre rendez-vous avec son facteur pour qu’il scanne votre déclaration enflammée. Par ailleurs, Gmail peut lire et indexer tous les emails de la planète, n’importe quel employé d’un réseau social peut lire les DM… Et on oublie que le courrier traditionnel peut se perdre et être ouvert et lu par la Poste.
envoyer un courrier
Photo Kelly Sikkema

Fin du timbre rouge, fin du facteur ?

Moins de courrier, moins de distribution, moins de facteurs… C’est une question qui peut légitimement être posée. Pour appuyer sa réforme du timbre rouge, la Poste avance des arguments écologiques et la nécessaire diminution du trafic des avions postaux. Certes… Cela peut s’entendre mais les avions continueront pour les colis de plus en plus nombreux. Au passage, s’il y a une autre réforme à opérer, elle se situe du côté de la qualité de la distribution des colis, mais c’est un autre débat. L’argument écologique est de circonstance mais est-ce bien le seul ? La Poste pourrait annoncer demain des passages moins fréquents du facteur et donc moins d’emplois.

Le facteur est un personnage du paysage national français. Il a évidemment son importance, notamment pour les personnes âgées. On fait d’ailleurs jouer au facteur un rôle social de plus en plus important avec des dispositifs (payants) comme celui intitulé « veiller sur mes parents« . Mais même si les colis sont de plus en plus nombreux, le rôle du facteur va être questionné dans les années à venir.

La réforme des bureaux de poste, c’est-à-dire en fait leur suppression dans bien des cas, est, elle aussi, bien engagée. Avec son lot de protestations compréhensibles, notamment sur la présence des services publics partout en France. Mais dans le monde qui vient, que doit-on prioriser en termes d’investissement public ? Que demande au maire d’une commune une famille qui s’installe en milieu rural ? Un bureau de poste ouvert deux jours par semaine ou une bonne qualité de connexion internet ?

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